STATELESS

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NO MAN'S LAND...

Je vous le disais la semaine dernière, bon nombre de mini-séries sont inspirées de faits réels. Du coup cela donne lieu à des choses assez sympa même si sur le papier elles peuvent donner l’envie de se pendre. Et comme on n’est pas totalement dans de la fiction ben ça donne de la force aux faits relatés. Une des difficultés est de réussir à prendre du recul, surtout quand les faits remontent à notre époque. De plus, hormis les séries relatant des meurtres comme Versace, celles-ci sont souvent politiquement engagées. Il est donc plus difficile de ne pas se positionner lorsque l’on décide d’en parler.

La mini-série de cette semaine est un peu dans ce cas. L’exercice est d’autant plus compliqué qu’il s’agit d’un sujet chaud patate dans la société actuelle. Mais bon je vais relever le défi de rester le plus neutre possible pour vous parler de Stateless

Quand t’es dans le désert

Une jeune femme cours dans le désert …Elle parait déshydratée, désorientée et surtout elle semble fuir. STOP- REVIEW-STOP-LECTURE !

Quelque mois plus tôt, on retrouve la même jeune femme au retour du Sri Lanka en tenue d’hôtesse de l’air dans un aéroport australien le jour de Noël ! Elle arrive dans sa famille où elle est accueillie par sa mère qui lui demande quand elle compte faire comme sa sœur : mariée avec deux beaux enfants….  MAIS EUHHH! J’avais dit STOP pour les séries de Noël avec parents relou là ! Alors, c’est quoi ce délire ? Ah non c’est juste pour nous montrer que la minette elle a une vie pourrie OKAYYYYYY !

Maintenant, changement de décor : Direction le Pakistan où une famille pauvre se fait avoir par un passeur louche. Celui ci, après leur avoir promis de les envoyer en Australie par bateau contre une somme d’argent conséquente leur vole leur passeport. Super! Après la pauvre fille célibataire qui hormis ses collègues n’a pas d’amis …les boat people ! Je sens qu’on va se marrer.

Enfin, retour en Australie : Cam , père de trois enfants, est chômeur à tendance alcoolique. Il trouve un boulot de gardien de centre pour migrants au milieu du désert. Enfin, ce n’est pas qu’il en ait envie mais entre changer les couches et le vomi du bébé, il préfère ça !  Bon le lien entre le Boat people et lui il est fait. En revanche, je ne vois toujours pas le rapport avec l’autre pour le moment.

Quatre destins qui se croisent

Ces trois personnes, que tout sépare, vont se rencontrer, interagir et vivre la même situation chacun via leur prisme. Enfin je devrais dire quatre personnes ! En effet, nous vivrons la situation à travers les yeux de Claire. Elle est  la nouvelle directrice du centre de détention pour migrants. Elle sera au départ convaincue par le bien fondé de ses actes et de sa cause. Mais elle verra ses certitudes s’effondrer au fil des mois suivant son arrivée à ce poste.

Tous les quatre vont lier à jamais leurs destins. Chacun apportera à l’autre de son humanité et de sa folie. Mais dès le départ ils ont tous les quatre un point en commun : des névroses  qui ne vont pas s’arranger avec le temps!

Une histoire de fou

J’ai beau réussir à prendre du recul, j’ai du mal à me dire que cette série est tirée de faits réels. Dans la vraie vie, une australienne s’est effectivement retrouvée enfermée dans un camp de migrants dans son propre pays,  il y a une quinzaine d’années.

Bon, en même temps la meuf elle n’était pas toute seule dans sa tête. Elle avait quand même un peu vrillé à la suite de son passage dans une secte ! D’ailleurs ce passage est largement traité. En effet, cette secte, se cache derrière une école de danse et d’épanouissement personnel. Présenté comme ca, c’est pas une école de country!  En réalité,  le gourou il avait un peu tendance à abuser d’elle, lui prendre son pognon, lui faire quitter famille job de rêve et amis… mais c’est la base de toute secte ça !

Du coup, la Sofie, un peu bipolaire à la base, pète carrément un fusible en plein spectacle et se fait virer de la secte devant toute l’assemblée!   Après un coup pareil, normal qu’elle ne sache plus du tout qui elle est, la mémère…

C’est la même chose pour Ameer, le musulman ! Un passeur véreux lui  a vendu du rêve en échange de ses économies ! Au final il se retrouve, sans famille, sans passeport,  et sans pognon ! Juste ses larmes pour pleurer…Et quand enfin il réussit à toucher le sol australien, bim il se retrouve enfermé dans un camp de détention “provisoire” !

Un tableau pas joli joli de l’Australie

Généralement, quand on pense à l’Australie, on pense direct aux kangourous, aux surfeurs, et au désert…Bon moi je pense TIM TAM : de savoureux biscuits au chocolat dont l’équivalent est introuvable dans nos rayons de supermarchés…Après, certains peuvent penser aux Anges de la Téléréalité. Enfin, une minorité pensera à Nabilla qui a fait un road trip sans carte de crédit avec son ma(c)ri il y a quelques années de cela…Mais ceux-là ne doivent pas être très nombreux ! Je vous rassure je n’en fais pas partie ! AUSTRALIE= TIM TAM c’est tout !

Mais malheureusement, ici,  la réalité  est toute autre.

  • On ne verra du pays que ce camp de détention au milieu du désert.
  • On ne verra que les conditions dans lesquelles sont maintenues ces personnes venues chercher Amour Gloire et Liberté.
  • On ne verra que le mensonge des autorités qui leur laisse entrevoir l’obtention d’un visa qui ne viendra jamais.
  • On assistera aussi à la perte d’humanité de Cam, dont ce qui devait être un simple job pas trop mal payé, va faire surgir une violence cachée ou refoulée.

Mais on sera aussi les témoins de la transformation de Claire, persuadée d’être dans le camp des gentils avant d’ouvrir les yeux sur un système défaillant. Au final,  ce système montrera surtout son impuissance et ses limites face à la recrudescence d’arrivée de réfugiés des pays en proie à la guerre. Bref on verra la réalité aussi moche et humainement condamnable soit elle !

Une série réaliste

Les camps dont on parle dans la série ont bel et bien existé. Mais comme le désert n’était pas assez sûr et n’empêchait pas les évasions et l’intrusion des journalistes ils ont été déplacés. Maintenant quand vous êtes réfugiés vous avez le droit à un petit séjour gratos sur une île au large des côtes australiennes…comme ça on est sûr que vous serez tranquilles et que vous pourrez mourir tranquille !

Mais ce n’est pas ça qui rend la série vraiment réaliste.  La lenteur de l’action m’a énormément marquée. Dans une autre série je trouverai ça pénible. Sauf que là, elle est volontaire et apporte du réalisme à l’histoire. Parce que bon n’y a pas’ à dire, dans ces camps il ne se passe rien et il n’y a rien à faire ! Vous n’avez même pas de serviette pour faire le homard sur le sol sableux du désert australien ! Trop nul !

Du coup les journées sont longues, très longues…aussi bien pour les gardiens que pour les réfugiés.  Le problème c’est que ça parait long parfois pour nous aussi …mais ça c’est une autre histoire lol!

Cette lenteur narrative est aussi à l’image de la lenteur et lourdeur de la procédure qui parfois peut durer des années.

Etat dépressif s’abstenir

Je peux affirmer avec certitude que c’est une série à regarder quand on va bien. En effet, je n’ai aucune image de joie et d’espoir quand je repense à celle ci. Je n’ai aucun souvenir de sourire de personnages. En même temps, Serena Joy (dans The Handmaid’s Tale) n’était pas connue pour son sourire ! Néanmoins ,Yvonne Stahovski est incroyable dans le rôle de la schizophrène Sofie/Helena. Elle la rend aussi attachante que troublante.

Pour finir, cette série nous amène à nous interroger sur le problème des réfugiés qui sont de plus en plus nombreux. Et si l’humanité et solidarité envers les gens en détresse est réelle, elle se heurte à la réalité économique et sociale du pays d’accueil : les deux n’étant pas forcément compatibles.

Et ça craint vraiment ! En revanche on s’aperçoit qu’en termes de lourdeur administrative les australiens ne sont pas forcément meilleurs que nous au final lol! Bahhh j’essayais de faire un peu d’humour parce que le sujet de la série ne se prête pas vraiment à la rigolade ! Je vous jure devant mon écran j’avais l’impression d’être enfermée avec eux dans ce camp au milieu de rien. Je ressentais la chaleur étouffante et cette impression d’enfermement malgré l’immensité du paysage du désert australien qui s’offrait à moi.

Je vous assure que d’un coup ça faisait moins rêver ! Pas un TIM TAM à l’horizon …juste du sable à perte de vue sous un soleil de plomb ! En même temps les TIM TAM n’auraient pas résisté à la chaleur !

Un voyage de son canapé

J’ai bien aimé cette série malgré toute cette noirceur.

Déjà, elle nous fait apprécier notre liberté et apparaitre le couvre feu à 18h vachement moins liberticide! 

Puis, elle nous fait malgré tout voyager depuis notre canapé. J’avoue être en manque d’horizons lointains depuis deux ans. A travers cette série, j’ai pu prendre un petit shoot gratos! Je vous accorde que les paysages mexicains de Monarca me font plus rêver. Mais de beaux paysages s’offrent à nous dans cette série et aujourd’hui ca n’a pas de prix! 

Alors je vais vous laisser, je file au Japon pour un jeu un peu particulier … Je ne peux pas refuser un séjour à Tokyo sans avoir besoin de test PCR négatif et sans mise en quarantaine😁!

Infos séries

Saison :1

Nombres d’épisodes : 6

Année : 2020

Chaine de diffusion : Netflix

Distribution principale: Yvonne Stahovski (Sofie Werner), Asher Keddie (Claire Kowitz), Asher Keddie (Ameer), Marta Dusseldorp (Margot), Dominic West (Gordon), Cate Blanchett (Pat), Jai Courtney (Cam Sandford)

Sexe
2/5
Violence
3/5
Suspense
3.5/5
Humour
0/5
Drame
5/5